Titres

Allô la Terre

Allô la terre ! allô madame la terre je t’appelle de chez moi
Y a mon grand frère et y a mon grand-père qui sont là
Il faut que tu nous dises, il y a des choses, on comprend pas
J’ai que dix ans, je suis un enfant, j’ai la peau noire comme un bout d’zan
Rien qui ne vaille, j’suis d’la racaille
Dans la cité rien n’est offert
On fait sa toilette au kärcher
Y a rien pour jouer, j’ai pas une bille c’est clair

Grand-père y dit ne t’inquiète pas pour les billes
Assied toi là, écoute et reste tranquille
Ici on nous laisse un taudis, sinon faut r’tourner au pays
Là-bas on t’casse les dents avant qu’t’ais compris
Alors ce soir, on veut savoir le fin mot de l’histoire
Si v’nir au monde, c’est un vrai traquenard
Mon grand frère, il est en guerre avec tout l’monde et nique ta mère
La mère c’est qui sinon toi… la terre.

Regarde autour de toi, ça s’entre déchire, ça se tue, ça se bat
Tu r’sembles à un cimetière la terre.
Hé la mère!
Y a tes enfants qu’ont faim
Bouge toi les hémisphères.
Donne nous de ta rondeur
Ou pète une colère, fais-nous peur

Depuis le temps qu’on te marche dessus, tu laisses tout faire, comme si c’était prévu
Est-ce qu’on avance, est-ce qu’on recule, comment veux-tu qu’on s’articule
Est-ce qu’on se trompe sur toute la longueur ?
Avec ma copine Fatima on s’raconte des histoires
On s’dit que quand on s’ra grand on f’ra des enfants
Elle sait comment faut faire. C’est pas qu’on soit pressé
Mais qu’est-ce qu’on va leur raconter, la terre
Mais qu’est-ce qu’on va leur raconter, ma mère.
Mais qu’est-ce qu’on va leur raconter ?

Petit bonhomme t’es un enfant de l’univers
Pas moins qu’un arbre, une étoile, un vers de terre
Tu es partout chez toi, tu peux manger comme un roi
Même le pain noir a des vertus salutaires
Salut la terre

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Allumez la lumière

Quand j’étais tout minot et qu’arrivait le soir j’avais toujours peur du noir
C’est pas très marrant et quand venait ma mère pour me raconter une histoire
Me prenant au creux de ses bras délicieux me disait : «mon chéri n’ait pas peur»
Allume ta petite lumière intérieure écoute bien ton cœur

Refrain:
Allumer la lumière y a besoin de féminin
Le masculin prolifère son terrain c’est clair il y tient
L’équilibre précaire mon vieux ça ne fait pas son chemin
Même avec des réverbères on n’y voit vraiment plus rien

Des quilles à la vanille, des gars au chocolat, on est tous fabriqué comme ça
Elle est au désir et lui au devoir les sorcières ne sont pas au pouvoir
Être belle au boulot et se faire coiffer au poteau
Trop de testo, tu m’étonnes y fait pas beau quand ça grince ou qu’ça cogne
Homme ou femme aujourd’hui dans la rue on s’méfie, on s’éclaire en marche arrière
Perdu dans la nuit c’est l’amour qui s’ennuie accroché à son réverbère
Ô maman la lumière redis-moi comment faut faire
Et pourquoi, nom d’un chien les bon'hommes ont-ils peur du plaisir féminin

Refrain

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Fifty fifty

J’étais toujours en train de chercher de l’efficacité
J’n’avais pas de temps à perdre mais de l’argent à gagner.
Content je courrais après le temps, le temps prévu pour demain.
Et par les temps qui courent, voilà mes cinquante balais
Cinquante, cinquante
Il faut que je deal avec ma vie
Oh oui
Faisons fifty fifty
OK c’est la mi-temps
En contrepartie je veux bien jouer jusqu’à cent ans
Fifty fifty
Faisons fifty fifty

Fifty fifty
Faisons fifty
J’ai bien connu des femmes, du bonheur et des tourments.
Car en amour quand on rame, c’est qu’on n’est pas vraiment dedans.
Bien trop dans notre personne. Et ça ! Personne ne me contredira.
Alors, à toutes qu’elles me le pardonnent si avant de passer à trépas je fais
Cinquante, cinquante et que je deal avec ma mie
Faisons fifty fifty
C’est pas un guet-apens
Et en toute modestie on peut s’aimer jusqu’à cent ans
Fifty, fifty
Faisons fifty fifty (bis)

J’ai toujours eu bon appétit, le bon vin ou le whisky
Y a pas de mal à se faire du bien, c’est mon meilleur alibi
Quand je regarde ma bouteille, à moitié vide, à moitié pleine
Serait-elle déjà vieille et gratifiée d’une bedaine
Cinquante, cinquante
Il faut que je deal avec mes envies
Oh oui
Faisons fifty, fifty
Soyons pas regardant
Et je jure que je te boirai le jour de tes cent ans
Fifty, fifty
Faisons fifty fifty
Oh oui
Et je jure que je te boirai avec mes amis le jour de nos mille ans.

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Lisa

Lisa tu m’en as fait voir du haut de tes trois pommes
Moi, je l’ai joué peinard j’voulais qu’tu sois ma môme.
Envie d’un tête à tête, et de pas faire semblant
J’ai mouillé ma liquette tout comme un débutant

Coquine malicieuse dans les draps chiffonnés
Me nargue de ses reins qu’elle a su dévoiler
Mon Dieu regardez-le cet œil audacieux ?
Mérite l’insolente une déculottée.

Ho ! Lisa, non pas comme ça ne t’avance pas, arrête ! je suis de bois.
Ho ! Lisa qu’est c’que tu m’fais là ? Pas folle ma guêpe, tu sais où mettre les doigts.
Ho ! Lisa tu ne perds pas de temps pendant que j’perds mes bas.
Arrête enfin ! voilà, j’n’existe plus quand tu fais la mouche, quand tu m’saut’ dessus

Arrête enfin ! voilà j’n’existe plus
C’est toujours comme çà quand Lisa me tue

Bout de femme éphémère papillon survolté
Je mets ma moustiquaire sinon tu vas m’piquer
Épris dedans sa toile, comment ne pas craquer.
Allez ! j’me fous à poil et je vais tout donner.

Bien sûr on laisse des plumes en crevant l’oreiller
On paie de sa personne j’ai jamais su compter
Elle se rendait pas compte, elle faisait que passer
Cette femme resplendissante Lisa ! je te suis dévoué.

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Madiba

Madiba
Notre peur la plus profonde n’est pas que nous
Ne soyons pas à la hauteur
Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants
Au-delà de toutes limites au-delà de toutes limites Madiba
C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus
C’est notre propre lumière qui nous effraie le plus Madiba

Nous nous posons la question : qui je suis pour être brillant, radieux, talentueux
Merveilleux, oui merveilleux
En fait, qui sommes-nous pour ne pas l’être
En fait, qui sommes-nous pour ne pas l’être Madiba

Nous sommes des enfants de Dieu nous restreindre vivre soumis ne rend pas service
Vivre soumis ne rend pas service au monde au monde Madiba
Nous sommes des enfants de Dieu nous restreindre vivre soumis ne rend pas service
Vivre soumis ne rend pas service au monde au monde Madiba
C’est notre propre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus.
C’est notre propre lumière qui nous effraie le plus Madiba

Ce sont tes mots Madiba ce sont tes paroles, paroles du gardien, du Père Africain
Ce sont tes mots Madiba et ce sont les miens
Ce sont tes mots Madiba et ce sont les miens

Auteur:
Marianne Williamson
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Mlle Framboise

Elle vient bien avant la levée du rideau
Au premier rang, pose son manteau
Elle n'est pas de celle que l'on apprivoise Mlle Framboise
Petit col blanc fidèle au rendez-vous
Attends que je chante, que je me dévoue
Que je me démène, que je me dévoile Mlle Framboise

Elle est toujours là, va savoir pourquoi
Elle n'aime pas c'que j'dis, on m'la dit
Elle est toujours là à m’chercher des noises
Elle me mène en barquette Framboise

Sur un petit nuage, franco d'une rengaine
Tout de courage je me jette à l'arène
Et sur cette phrase voilà qu'elle me toise Mlle Framboise
Je reprends mon souffle, ma chanson en main
J’ai du métier je ne montrerai rien
Mais sur ses gradins, je vois qu'elle pavoise Mlle Framboise

Elle est toujours là, vas savoir pourquoi
Elle me casse mon effet, je la hais
Elle est toujours là à m’chercher des noises
Elle me mène en barquette Framboise
C’est au deuxième couplet que tout a commencé.
De son chignon défait les cheveux sont tombés
Un peu bohème elle est vraiment jolie, je n’ai d’yeux que pour elle, j’en oublie la galerie

Concupiscence, comment te résister, quand tout va dans le sens du corsage gonflé
Elle sait mes rêves elle connaît mes folies j’en étale à la pelle dans mes chansonneries
Chanter pour elle sans plus de retenue, il me venait des ailes et ça elle l’a bien vu
Elle s’est levée sur le dernier refrain, puis elle s’est avancée, je sentais son parfum
Autour de nous le silence se fit, comme dans un film tourné au ralenti
Laissant la chair se perdre dans le feu d’un baiser…

Tout l’monde était parti, y avait plus que nous deux
Com’ des enfants qui se tiennent par les yeux
Coupables de folies, d’extase Mlle Framboise
Elle a remis son chignon, quelques boutons
Enfilé son habit puis elle est partie
J’suis resté comme un con avec ma chanson
Et son parfum au poivre

Elle sera toujours là, va savoir pourquoi
Elle r’viendra demain, ce s’ra bien
Elle sera toujours là à m’chercher des noises
Pour une autre barquette de framboises

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Nos murs ont besoin de jardins

Dehors, j’entends des cris j’entends des heurts.
J’entends d’la vie mais je n’sais plus
Si ce sont des voix sans issue, ou s’il y a de quoi s’faire un bonheur.
J’ai peur
Dehors, y parait que c’est infernal, que tout va dans la démesure
Alors j’m’enferme entre quatre murs
Et j’me fabrique des cartes postales. Des cartes postales
Et j’me fabrique des cartes postales. Des cartes postales

Oui, je cultive un po’v jardin, qui attend dans cette chambre obscure
Qu’il se dessine quelques fêlures, où la lumière fera son chemin.
C’est vrai qu’il ne se passe rien, que rien ne pousse grandeur nature et
Qu’au delà de mon armure, il y aurait des roses et du jasmin, du jasmin.

Refrain :
Je vais mettre des fenêtres
Planter des graines de lendemain.
Arroser à l’eau de peut-être
Nos murs ont besoin de jardins.
Nos murs ont besoin de jardins

Déjà je sens que ma muraille, tremble je l’entends je vous jure
Elle crie du fond de sa structure. Et le vent qui l’entend lui murmure
Et le vent qui l’entend lui murmure.

Refrain

Et tous ces hommes et leurs batailles, viennent poser quelques béquilles
Au renfort d’un mur qui vacille et je crains quelques représailles.
Qu’ils soient de Chine ou de Berlin, Gaza ou Jérusalem
Qu’ils soient les peurs qui nous aliènent, nos murs ont besoin de jardins, de jardins

Refrain

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Quai de Valmy

Et si ces deux-là, fragiles et puissants
Tenaient déjà l’amour par le bout de leurs dents
Enfants de Paris sur le quai de Valmy
De leurs pas déployés, vont vers un dénouement
Et vlan !

Loin de toutes les guerres, loin des conflits nécessaires
Ces deux-là se régalent dans un confort occidental
Enfant de Paris elle s’appelait Marie
Pour un aller sans retour au cœur du guet-apens
Et vlan !
 
Refrain
Pardon je demande pardon. Pour ces enfants assassinés
Pour tous ceux coupés en deux. Je demande pardon.
Pardon

Et si celui-ci sans passé ni présent
Avait enfin trouvé la clé d’une éternité
Enfant de Paris sur le quai de Valmy
Pour une promesse de paradis va se faire exploser
Et vlan !

Les dieux sont fatigués à force de croyances
Et tu payes bien trop cher le prix de ta naissance
Soldat de misère n’oublie pas d’oublier
D’appeler ta mère avant de te sacrifier
Et vlan !

Refrain

Et si ces enfants avant d’être grands
Jouaient à pigeon vole dans la même cour d’école
Enfants de Paris sur le quai de Valmy
De leurs pas déployés, vont vers un dénouement
Et vlan !
 
Vous êtes malgré vous figures de demain
Qu’il nous faudra construire ensemble et en commun
Et toutes ces cravates soigneusement indignées
Trouveront sûrement le temps de s’occuper des enfants
Et vlan !

Refrain

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio
Tempo

Elle m’a gonflé devant sa télé.
Je l’ai amer.
Je prends mon cuir et j’laisse les clés
J’ai trop les nerfs.
Même si, cette fille était sincère mais moi j’préfère la fille de l’air.
Finis le clip, je fais le clap, j’en ai ma claque.
Tout mon mic-mac dans la pocket la porte claque
Je suis dehors,
Triste sort,
Je suis dehors,
Triste sort.
Aïe ! ma douleur une vieille blessure.
Je serre les poings dans ma doublure
Mon armure, ma maison c’est ma p’lur’, mon blouson
Je t’aime peau

Bon !
Qu’est-ce que je fais
Qu’est-ce qu’y se passe
J’ai pas de boussole, pas de mot d’passe.
C’est pas grave, j’remonte mon col, mon pas s’efface dans le brouillard.
Dans la rue je suis solo, le monde est dans le caniveau.
On est quitte j’mets l’rideau, j’suis calé dans mon perfecto.
Poète poltron et peau postiche je t’aime peau
Poète poltron et peau postiche, je t’aime peau

Je traîne sans gouvernail dans les couloirs du RER
Des zonards qui défaillent, oh pétard ça pue l’éther
Une grappe de flic en pleine fringale se craquent du beur et se régalent ça les calent et ça rassurent les citoyens
Je commence à transpirer, ça sent mauvais sous l’bouclier.
Mais si je mouille dans ma guenille
Si je la quitte, j’vais prendre froid.
Et cette musique au fond, du souterrain, tel un présage, tel un bon bain.
Écoute le fond du puits, comme on écoute un coquillage, se joue une symphonie.
Sur l’Sébasto j’refais surface
Un bar sympa, je quitte ma cuirasse
Dépouillée carapace, ça me pique en pleine face
Je sais ce qu’il faut qu’je fasse
Y laisser ma peau

Auteur:
Jean-Louis Le Breton
Allô la Terre -Jean-Louis Le Breton & M'Bisha Trio